Avec plus de 235.000 véhicules neufs écoulés, le marché automobile marocain signe en 2025 un record historique. Analyse complète des ventes, des marques et des grandes tendances du secteur.
L’année 2025 restera comme un jalon majeur pour le marché automobile marocain. Mois après mois, les indicateurs ont confirmé une dynamique solide, jusqu’à inscrire un record absolu à fin décembre. Au-delà du volume, cet exercice consacre un changement de dimension, révélant un marché plus large, plus structuré et plus diversifié qu’auparavant.
Ventes automobiles au Maroc en décembre 2025
Selon les statistiques de l’AIVAM, les ventes de véhicules neufs ont atteint 27.354 unités en décembre 2025, en hausse de +20,92 % par rapport à décembre 2024. Le segment des véhicules particuliers totalise 24.453 immatriculations (+19,88 %), tandis que les véhicules utilitaires légers enregistrent 2.901 unités, affichant une progression plus marquée de +30,44 %.
Loin d’un simple effet de fin d’année, ce dernier mois confirme la solidité de la dynamique observée depuis le début de l’exercice, sans signe d’essoufflement.
Bilan de ventes automobile au Maroc en 2025
À fin décembre, le marché automobile marocain totalise 235.372 voitures neuves vendues, contre 176.401 unités en 2024, soit une progression de +33,43 %. Il s’agit du plus haut niveau jamais enregistré sur le marché national.
Dans le détail, les véhicules particuliers culminent à 208.848 unités (+32,91 %), tandis que les VUL atteignent 26.524 unités (+37,70 %). Cette croissance simultanée des deux segments illustre un marché soutenu à la fois par la consommation des ménages et par l’activité économique, notamment la logistique et le tourisme.
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Top 10 ventes automobiles au Maroc en 2025

La hiérarchie des marques confirme une stabilité globale, tout en révélant une intensification de la concurrence. Dacia conserve la première place avec 47.887 ventes, soit 20,3 % de part de marché, en progression de +21,8 % par rapport à 2024. Renault suit avec 41.050 unités (17,4 %), enregistrant l’une des plus fortes hausses du marché (+44,8 %).
Derrière ce duo, Hyundai s’impose comme le troisième acteur avec 16.996 unités, en croissance de +29,9 %. La marque devance Peugeot, qui totalise 14.657 ventes et affiche une progression spectaculaire de +46,1 %, ainsi que Volkswagen, crédité de 14.011 unités (+20,3 %).
Juste derrière, Opel confirme son redressement avec 12.879 unités (+33,2 %), tandis que Citroën atteint 12.423 ventes (+19,2 %). Toyota poursuit sa montée en puissance avec 11.876 unités (+25,9 %), devant Fiat (10.654 ventes, +28,7 %) et Kia, qui ferme le Top 10 avec 10.030 unités (+25,4 %).
À elles seules, ces dix marques concentrent environ 75 % des ventes automobiles au Maroc en 2025, traduisant la domination persistante des constructeurs européens et asiatiques historiques, mais aussi une croissance largement partagée, signe d’un marché désormais structuré autour de volumes significatifs.
Segments dominants et structure du marché

Sans surprise, le marché marocain reste majoritairement un marché de volume. Les citadines représentent 43 % des ventes, devant les SUV urbains (20 %), ce qui constitue près de 65 % des immatriculations, confirmant ainsi le poids du facteur prix et de l’usage urbain.
Plus concrètement, les trois modèles les plus vendus au Maroc occupent toujours la tête d’affiche. A commencer par la Dacia Logan qui se hisse à la première place du podium avec pas moins de 18.282 immatriculations. Cette berline tricorps, très appréciée par les bons pères de familles marocaines, a détrônée sa petite sœur la citadine Dacia Sandero qui s’est écoulée à 17.572 unités. La Renault Clio, quant à elle, reste indéboulonnable de la troisième position.
Pour ce qui est de la répartition géographique, Casablanca demeure le principal bassin de ventes, suivie de Rabat et Tanger, sachant que ces grandes villes concentrant près de 60 % des immatriculations.
Évolution du mix énergétique

L’année 2025 marque également une évolution du mix énergétique. Le diesel poursuit son recul, passant d’environ 90 % des ventes en 2021 à près de 70 % en 2025, au profit des motorisations électrifiées.
Les hybrides, hybrides rechargeables et véhicules 100 % électriques représentent désormais 12,5 % du marché, contre 8 % un an plus tôt. Cette progression reste majoritairement portée par l’hybride, perçu comme une solution intermédiaire plus accessible. Dans ce segment, BYD s’impose comme une référence, avec le Seal U, devenu le véhicule électrifié le plus vendu au Maroc en 2025.
Marques chinoises : une présence désormais structurante
Le paysage automobile marocain s’est enrichi en 2025 avec 11 nouvelles marques, portant le total à 51 constructeurs, contre 36 deux ans auparavant. Parmi eux, 17 marques chinoises, qui représentent près d’un tiers de l’offre nationale.
Sur l’ensemble de l’année, ces marques atteignent 7,7 % de part de marché, un chiffre qui grimpe à 9,4 % sur le dernier trimestre, confirmant une montée en puissance progressive et durable.
Des fondamentaux économiques favorables

Cette performance historique s’inscrit d’abord dans un contexte macroéconomique globalement favorable. En 2025, le Maroc bénéficie d’une croissance d’environ 4,4 %, d’une inflation contenue autour de 1 % et d’un taux directeur maintenu à 2,75 %, des facteurs qui avait contribué à favoriser l’accès au financement automobile.
À ce titre, le tourisme s’impose comme un véritable moteur de la demande. Avec près de 20 millions de visiteurs enregistrés sur l’année, le secteur tire fortement les ventes, au point que 34 % des immatriculations sont désormais destinées à la location et au transport touristique.Enfin, sur un plan plus structurel, le marché marocain demeure un marché d’équipement. Avec seulement 118 véhicules pour 1.000 habitants, le potentiel de progression reste significatif, ouvrant la voie à de nouvelles marges de croissance sur les prochaines années.
Perspectives du marché automobiles au Maroc en 2026

Pour les professionnels du secteur, le constat est clair : le marché automobile marocain est entré dans une phase de croissance structurelle. À court terme, une progression d’environ 10 % est anticipée en 2026. À moyen terme, le seuil des 300.000 véhicules neufs par an apparaît désormais atteignable.
Tout compte fait, l’exercice 2025 ne se résume pas à un pic de ventes. Il révèle un marché automobile marocain désormais structuré, capable d’absorber la croissance, d’intégrer de nouveaux acteurs et de faire évoluer ses usages. Les volumes progressent, mais surtout, les équilibres se redessinent.
Hicham Atabi











