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Peugeot 203 : La mythique urbaine 

Peugeot 203 exterior front view

L’histoire du constructeur Peugeot de belles réussites, avec des modèles qui ont marqué leurs générations. Chaque décennie, depuis le début du XXème siècle, Peugeot sortait un modèle citadin de belle facture, qui était immortalisé par le cinéma et la télévision durant des années. Retour sur la mythique Peugeot 203.

L’histoire de cette voiture est étroitement liée à celle de la Deuxième Guerre mondiale. Une époque qui a grandement fragilisé la France et son économie. Comme tous les pays européens frappés de plein fouet par les effets de la guerre, la France devait reconstruire son industrie et se replacer sur l’échiquier européen. Dans cette course à se placer sur les marchés français, Citroën fructifie son expertise avec la Traction et lance la 2CV.

Renault se penche sur la 4CV. Simca offre aux conducteurs français la Simca 8. Peugeot voyant que la concurrence prenait de plus en plus de poids et de place, la direction de la société décida de mettre les bouchées doubles pour offrir aux Français leur voiture urbaine par excellence. Le projet devait logiquement être lancé en 1940, avec un modèle de voiture qui peut tenir la route et répondre aux mutations des infrastructures routières en France. Peugeot avait alors dans ses carnets le beau projet de la 802 avec un V8 et 22 cv fiscaux.

Mais c’était sans compter sur l’Allemagne qui envahit l’Hexagone. Le projet tombe donc à l’eau. Peugeot est contraint de changer son fusil d’épaule et opte pour une voiture plus petite, avec 10 cv fiscaux et une puissance et des performances de 11 cv à 14 cv. Le constructeur avait d’ailleurs vu juste puisqu’au niveau des concurrents, il n’y avait que la Simca 8 et la Traction qui avaient déjà une place dans ce segment. La voiture voit le jour et elle est présentée en octobre 1948 au salon de Paris. Pour les spécialistes et les médias de l’époque, le temps est à la conciliation pour essayer de reconstruire le pays. Ce qui fait que malgré le fait que la conception de la Peugeot est assez classique, elle avait tout de même un nouveau moteur de 4-cylindres et 1290 cm³, développant 42 ch logés sous le capot.

Techniquement, le modèle est au point puisque la transmission se fait aux roues arrière via une boîte à 4 rapports non synchronisés. Mais pour les connaisseurs, c’est justement cette boîte qui pose problème. Elle est le point faible de l’auto et les problèmes de maniement et d’étagement sont tangibles. Pourtant, le freinage est renforcé par rapport à ce que faisait Peugeot d’avant-guerre, pour éviter les critiques déjà reçues par la 402 au niveau de la vitesse sur bitume, la voiture atteint les 120 km/h en pointe. Il faut dire que ce n’est pas là un grand succès, mais la voiture tenait la route. Le constructeur décide donc de lancer une production de 300 véhicules par jour. Un objectif qui n’a pu être atteint puisque Peugeot arrivait difficilement à produire 100 voitures au début. On lance donc en 1949 les premiers modèles avec quelques trouvailles et innovations pour l’époque, surtout pour se démarquer des autres marques. Les modèles de cette première livraison ont tous «une petite lunette ovale, une banquette à l’avant, des flèches directionnelles avec commande en haut du volant, un tableau de bord central et rectangulaire, comme on peut le lire sur la fiche technique du Beau livre consacré aux années 50 de la marque Peugeot. Le public est au rendez-vous. La voiture plaît. Elle a quelque chose de spécial. Certains journaux ont même parlé de la renaissance de l’âme de la voiture à la française.

C’est dire que l’industrie française d’après-guerre avait grand besoin de soutien pour relancer l’économie. Les clients sont séduits par l’aspect général du véhicule, mais surtout par les détails et la décoration surtout que ce modèle arborait des cimiers chromés qui ornent la voiture, avec la mythique tête de Lion qui embellit le capot et un monogramme 203 Peugeot présent à l’arrière. Le succès est là. Il faut alors innover et surfer sur cette vague.

Les constructeurs décident alors que cette berline soit «rejointe par une version découvrable et une berline affaires, simplifiée (pas d’enjoliveurs, pas de chauffage, ni flèches directionnelles et tableau de bord différent. Pour le millésime 1950, les sièges perdent leur barre chromée, les deux poignées du coffre sont supprimées et remplacées par une poignée intérieure. Côté décoration, les cimiers disparaissent, les pare-chocs sont désormais en inox», lit-on dans la présentation des journaux de l’époque.

Face à ce succès, très vite, la gamme se diversifie. Surtout avec l’arrivée des voitures familiales et commerciales qui faisaient alors beaucoup d’heureux dans une France qui découvre les vacances, les voyages en famille et les commerces ambulants. C’est exactement à cette même période que l’on note également la mise sur le marché du pick-up avec ses ridelles en bois. La production atteint alors plus de 51 756 voitures. Au début des années 50, c’est un tournant historique pour Peugeot. Le cru de l’année 1951 marque les esprits avec d’autres nouveautés. D’abord, l’apparition des butoirs de pare-chocs de part et d’autre de la plaque à l’avant et de marches de porte en inox. Les serrures du coffre sont remplacées par un monogramme de lion, la commande des flèches passe à droite du volant et le pick-up reçoit des ridelles en tôle. La production de ce modèle atteint 74 994 exemplaires. C’est un succès tous azimuts. Peugeot frappe fort. La marque décolle de nouveau et la Peugeot 203 devient la locomotive de cette belle renaissance.

Abdelhak Najib

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